Les 1001 nuits de Charlestown Sous une nuit étoilée des yeux scrutaient le firmament. Sans vœux, sans suppliques. C'était juste un instant. La chaleur de cette nuit inspirait aux pires folies cependant la sagesse imposée par un constat sans conteste me disait de respirer lentement, de profiter de ce moment avec moi-même, avec l'immensité de ce ciel, et de ne plus me questionner sur l'avenir. Il y aurait tant d'autres jours et tant d'autres nuits, sans Kenny… Et qui sait si une étoile filante ne décidera pas de rester dans mon ciel ? Pendant que je vivais de grands moments d'introspection en demi-teinte, d'autres vivaient des moments d'exceptions, rouge passion. Mounir retrouvait un amant de passage à Charlestown alors que Sisi courait dans la nuit pour rejoindre M. B. Assurément les contes de fée de sont pas de longues histoires mais la puissante émotion qui s'en dégage vaut largement chaque mot qui les compose : Il ne faut jamais fermer le livre avant d'avoir tourné la dernière page. Nuit d'ivresse et nuit fauve Il y a des nuits durant lesquelles le sommeil fuit dans d'autres, tel un homme marié fuyant le lit conjugal pour y revenir plus tard, vous laissant seul et en proie aux questionnements plus longs que les interrogations diurnes. Il y a aussi des nuits où l'on désire échapper au sommeil pour profiter de moments sensuels, charnels. Contrairement à mes amis j'étais loin de ces loisirs, de ces plaisirs nocturnes, mon cerveau s'adonnant à une profonde masturbation et autre malveillance mnémonique. Cependant je gardais l'espoir d'un réveil heureux dans la mesure où je savais que j'avais déjà souffert le pire avec Monsieur K. Il s'agissait de patience, parce qu'après la douleur finissait toujours par s'estomper et les souvenirs par devenir moins douloureux pour finalement entrer dans l'album de la vie. Et par une douce journée d'août, alors que je m'éveillais péniblement je compris qu'il fallait cesser d'attendre que Kenny disparaisse pour de bon. Je le conserverais dans mon cœur, mais mon cœur connaitrait de nouveau l'amour, cet amour empreint d'une folie raisonnable, de dérapages contrôlés et de joies douloureuses. La nuit, jeu des masques En attendant cette rencontre, je décidai qu'il fallait continuer ce travail d'écriture, cette expérience inédite de pouvoir partager un certain empirisme. Il fallait aller de l'avant et découvrir, expérimenter et conclure. Et pour cela il n'y avait rien de plus pertinent qu'internet. Lorsque le soleil se couche et que chacun regagne ses pénates, les ordinateurs peuvent s'allumer dans les pièces les plus sombres et les sourires s'éclairer. Les sites de discussions, prétextes flagrants aux rencontres, sont nombreux sur la toile, et cela facilite les échanges humains. C'est à ce moment que commence le jeu des masques : les mots fusent et très vite le poisson est ferré. Mais malgré un climat de confiance le masque tombe difficilement. Il faut savoir se montrer pour voir l'autre tel qu'il est. Et souvent avec dégoût on découvre la vicissitude tapie au fond des hommes, telle la bête cachée dans l'ombre attendant sa proie. Cela manque d'amour et de romantisme, et les rêves sont de nouveaux rattrapés par la réalité. Le jour s'est fait sur le monde de la nuit, sans règles, sans lois, permissif et tolérant comme on ne le soupçonnera jamais de l'être au soleil… Une question s'est alors imposée à moi : fallait-il mieux rêver seul dans son appartement durant ces mille et une nuits ou vivre au grand jour ? La société tolère mais tout le monde n'accepte pas. Au grand jour on ne rencontrera jamais deux mecs ou deux filles se tenant par la main dans les rues de notre chère ville, et cela pouvait arriver alors l'histoire aurait des chances de se terminer aux urgences. Dans l'intimité de notre for intérieur ou simplement chez soi, il est facile de s'embrasser, de se dire " je t'aime ", mais lorsqu'il s'agit d'un bras autour d'une épaule ou simplement d'un baiser place Ducale alors le monde révèle sa vraie couleur. Les regards noirs, les sourires jaunes, et toute une palette de couleurs amères ternissent l'éclat d'un amour qui n'est pas différent. Dans les contes tout est possible, tout est envisageable, tout est réalisable. Dans notre société tout est possible, tout est envisageable, très peu de choses sont réalisables. Mille et une nuits, ici ou ailleurs, et tant d'expériences. De la colère, de l'attirance, du sexe, de l'amour, et tant de différences. Mais une seule et même origine : l'humanité.
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